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'Philippe Bouvard, 50 ans de rire ! ' le 16 janvier 2010 à 20h35 sur France 2
C’est avec lui qu’il a fait ses débuts, avec lui qu’il a appris les ficelles du métier, sur lui qu’il compte pour faire de cette soirée un moment riche en complicité, en rires et en émotion. Stéphane Bern présente les 50 ans de carrière de Philippe Bouvard auquel il promet bien des surprises.
"C’est une carte blanche donnée à Philippe Bouvard pour fêter ses cinquante ans de carrière dont nous allons revivre les grands moments, tant à la radio, à la télévision qu’au théâtre. Un peu comme pour La Télé est à vous, nous réservons aux téléspectateurs des documents d’archives étonnants, d’incroyables surprises, avec notamment des témoignages exceptionnels de gens que le public aime et qui viendront tout spécialement lui rendre hommage et raconter les épisodes marquants de sa vie professionnelle."
Pour vous, Philippe Bouvard a-t-il été un exemple ?
Philippe Bouvard est mon maître ! J’ai appris le métier avec lui car, très vite, aux débuts des années 90, j’ai eu la chance qu’il me fasse entrer aux Grosses têtes à la télévision ainsi qu’à la radio. J’étais pour lui un putching ball assez sympathique ; il aimait bien se moquer de moi ! (rires) Il m’a appris une règle essentielle : "A défaut d’avoir du talent, m’a-t-il dit, entourez-vous de gens qui en ont." L’idée est d’être le chef d’orchestre... d’un orchestre fabuleux. Le plus difficile est donc d’en faire le casting. On ne vous demande pas d’être le plus drôle ni le plus brillant, on exige uniquement que vous sachiez réunir autour de vous des gens qui feront d’une émission un moment incroyable. Ça a été ma ligne de conduite à la télévision comme à la radio — je crois que j’ai ce sens-là, la capacité de dénicher des talents — : faire venir des personnes que les Français se sont réappropriés ensuite.
Êtes-vous toujours resté en contact avec Philippe Bouvard ?
On est resté très amis. Philippe a, je crois, beaucoup de tendresse pour moi et je crois aussi qu’il souhaitait que ce soit moi qui présente l’émission.
Est-ce que cela vous donne le trac ?
Le trac disparaît le jour où vous avez du talent ! Mais oui, j’ai toujours un peu le trac, c’est normal. Mais le trac est plutôt un stimulant pour moi ; ça ne m’a jamais paralysé ; il participe chez moi de la volonté de bien faire. Puis, dans ce genre d’émission où l’on est à la fois dans le rire et l’émotion, j’essaye d’être le plus naturel possible. Ma force, je crois, c’est d’être sincère tout simplement. D’y croire. D’ailleurs si je n’y croyais pas, je ne pourrais pas le faire.
Mais là, face à votre "maître"…
C’est mon maître mais je trouve toujours amusant de le tacler. C’est quelqu’un qui vous apprécie d’autant plus que vous jouez à le déstabiliser. Je n’ai pas envie de tomber dans l’exercice d’admiration béate et extatique. J’ai davantage envie que l’on passe un bon moment. Lui comme moi, nous ne pensons qu’à une chose, au plaisir du téléspectateur.
Pour vous, qu’est-ce que Philippe Bouvard a apporté au monde des médias ?
Il a inventé beaucoup de choses. Par exemple, les interviews pointues, la chaise du dentiste sur lequel il fait passer ses invités, l’idée de passer sur le grill — au propre et au figuré — une personne en lui posant une question désagréable, en se moquant gentiment ; il est le premier à l’avoir fait. Il a vraiment inventé des procédés télévisuels. C’est aussi un dénicheur de talent à l’instar du petit théâtre de Bouvard qui a révélé Muriel Robin, Michèle Bernier, Isabelle de Botton et bien d’autres…
Vous souhaitez-vous une carrière telle que la sienne ?
Je ne fais pas dans le jeunisme ; donc j’aime les carrières comme celle-là, qui se construisent sur la durée. J’ai ainsi une admiration pour des gens, comme Philippe ou comme Michel Drucker, qui ont édifié sur le long terme leur vie professionnelle et qui ont suffisamment de métier pour devenir en quelque sorte "tout-terrain", c’est-à-dire qu’ils peuvent présenter toutes sortes d’émissions en imposant leur propre personnalité. La star à la télévision, c’est la télévision, pas le présentateur. Beaucoup d’animateurs sont interchangeables mais d’autres, dotés de personnalités fortes, s’imposent et marquent les esprits. C’est le cas de Bouvard, de Drucker, mais aussi maintenant de Nagui ou de Patrick Sébastien ; ils ont du caractère et leurs programmes leur ressemblent.